Galeries, musée, Symposium, ateliers : itinéraire dans la rue Saint-Jean-Baptiste et les ateliers de Saint-Irénée et des Éboulements.
Baie-Saint-Paul est une ville où la peinture est inscrite dans le bâti. Les façades d'un même quartier passent du blanc lait au bleu marin et au jaune ocre, comme si le paysage avait été apprivoisé un mur à la fois. C'est ce qui frappe en arrivant — et c'est ce qui explique pourquoi les peintres ont fini par y faire halte, puis y rester. Au début du XXᵉ siècle, Clarence Gagnon, Marc-Aurèle Fortin, René Richard et plus tard Jean-Paul Lemieux y ont posé leur chevalet. La ville n'a jamais cessé d'être un atelier ouvert.
Une lignée de peintres devenue paysage de référence
L'histoire artistique de Baie-Saint-Paul tient en grande partie à la lumière. Le fleuve y dessine une baie ouverte plein sud, les montagnes du massif Laurentide s'arrêtent au-dessus du village, et la combinaison produit une luminosité particulière, plus douce que celle de Québec, plus chaude que celle du Saguenay. Au tournant du XXᵉ siècle, les peintres canadiens-français se sont mis à descendre pendant l'été pour y travailler. Clarence Gagnon y a tiré ses paysages d'hiver, Marc-Aurèle Fortin ses ormes et ses ciels chargés, René Richard ses portraits du Nord. Jean-Paul Lemieux, qui n'était pas natif mais y a vécu, en a fait son territoire. Cette tradition fonde aujourd'hui la promesse de la ville : on ne vient pas à Baie-Saint-Paul pour voir l'art, on y vient parce qu'on est dans l'atelier où il s'est fait.
La rue Saint-Jean-Baptiste : une enfilade de galeries
Le cœur commerçant de Baie-Saint-Paul est la rue Saint-Jean-Baptiste, qui descend en pente douce vers le fleuve. Sur quelques centaines de mètres, une dizaine de galeries d'art se succèdent — plus dense, au mètre carré, qu'aucun autre village du Québec.
La Galerie d'art Iris, au 30 rue Saint-Jean-Baptiste, est l'une des plus anciennes : près de quarante ans d'existence et plus de quarante artistes représentés en permanence, dans les courants les plus significatifs de l'art contemporain canadien. Quelques portes plus haut, au 82, la Galerie L'Harmattan présente depuis trente-cinq ans les œuvres de grands maîtres canadiens — Riopelle, Ferron, Dallaire, Sullivan — aux côtés d'artistes contemporains. Au 61 de la même rue, la Galerie Porte Rouge est entièrement dédiée à l'artiste peintre Christian Bergeron, dont les paysages prismatiques sont devenus une signature visuelle de la région. Et au 104-2, la Boutique métiers d'art de Charlevoix rassemble les créations d'une quarantaine d'artisans charlevoisiens — bois, métal, textile, verre, céramique, pierre — sous l'égide de la Corporation des métiers d'art en Charlevoix.
L'enfilade se parcourt en une heure si on se contente d'entrer et de sortir, ou en un après-midi entier si l'on s'attarde devant chaque accrochage. Aucune des galeries n'exige de billet : ce sont des espaces de vente, et donc des espaces ouverts.
Le Musée d'art contemporain : la pièce maîtresse
À deux pas de la rue Saint-Jean-Baptiste, au 23 rue Ambroise-Fafard, le Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul est l'institution qui ancre la scène. Reconnu pour ses expositions d'art contemporain d'envergure nationale et internationale, il accueille toutes les formes — peinture, sculpture, gravure, photographie, design, multimédia — et programme des accrochages renouvelés tout au long de l'année. C'est l'endroit où l'on voit ce que les générations actuelles de peintres font de l'héritage charlevoisien : prolongement, rupture, dialogue. On peut y consacrer une heure ou une demi-journée, selon la profondeur de l'exposition en cours.
Le Symposium et le Carrefour culturel Paul-Médéric
Depuis 1982, le Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul transforme le mois d'août en chantier de création vivant : des artistes invités s'installent dans un espace dédié et travaillent sous les yeux du public, qui peut poser des questions, observer une œuvre en train de prendre forme, parler aux artistes entre deux gestes. La 43ᵉ édition a été confiée à la commissaire Anaïs Castro. C'est une rencontre rare entre amateurs et créateurs — et l'événement qui, plus qu'aucun autre, illustre ce que Baie-Saint-Paul a de différent : une ville où l'on regarde l'art en train de se fabriquer.
Toute l'année, le Carrefour culturel Paul-Médéric, au 4 rue Ambroise-Fafard, prend le relais. Ce lieu multidisciplinaire programme expositions, ateliers, spectacles, animations et événements patrimoniaux. C'est un complément précieux au Musée : moins institutionnel, plus proche d'une vie de quartier culturelle.
En périphérie : ateliers de Saint-Irénée et des Éboulements
La scène artistique de Baie-Saint-Paul déborde la ville. Sur la Route du Fleuve, en direction de La Malbaie, deux étapes méritent l'arrêt.
Les Ateliers Charlevoix, au 1131 rang Terrebonne à Saint-Irénée, sont l'atelier de poterie de Stéphane Bouchard. On y trouve ses œuvres en raku, une ligne de poterie fonctionnelle et une collection plus contemporaine — Parallèle — ainsi qu'une galerie d'art qui présente des tableaux d'autres artistes régionaux. C'est un atelier ouvert : on voit les pièces se faire, les fours en service, le geste du potier.
Quelques kilomètres plus loin, Les Arts Kapelier, au 2404 route du Fleuve aux Éboulements, présentent l'œuvre d'une artiste peintre charlevoisienne qui transporte le visiteur dans un univers chaleureux et lumineux. Les deux étapes se combinent facilement à une journée dédiée aux galeries de Baie-Saint-Paul : Saint-Irénée et Les Éboulements sont à vingt minutes de route, et l'enchaînement compose un parcours d'une demi-journée à une journée complète.
Pour prolonger la découverte culturelle de la région, deux articles complémentaires : notre guide des lieux historiques et du patrimoine de Charlevoix, et la chapelle McLaren à Port-au-Persil, petit joyau architectural à l'autre extrémité de Charlevoix. Les amateurs d'art vivant trouveront aussi leur compte au Festival international Domaine Forget, à Saint-Irénée, et au moulin seigneurial des Éboulements, à quelques minutes des Arts Kapelier.
Une dernière chose, pour la fin de journée : la rue Saint-Jean-Baptiste a aussi sa microbrasserie. On y referme une journée d'art comme on referme un carnet de croquis — sans hâte, avec satisfaction.
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